samedi 14 janvier 2017

Il y a 40 ans… ou presque




C'était il y a 40 ans, ou presque, le mouvement n'avait pas dix ans et les groupes folk proliféraient dans la région. Un annuaire 59/62 de janvier 1981 en recense une quarantaine. Dans ce montage on voit les groupes : Drie Vlaemsche Geuzen, De Kreupelaer, Yves Havet et Klauwaerts, Haeghdoorn, La Bistouille, Brinqueballe, Mabidon et les danseuses et danseurs qui les suivaient avec assiduité. La musique est jouée par le groupe Vents Contraires lors d'un de ses derniers bals en 2000.


à la Ferme Nord de Zuydcoote
Drie Vlaemsche Geuzen :
Bertrand Buirette, violon
Didier Buirette, cornemuse, flûte
Guy Vandeneeckhoutte, accordéon diatonique
?, violon

Animation et bal folk à Bergues
La Bistouille (2 musiciens de De Kreupelaer et les musiciens de Drie Vlaemsche)
et Katepouch

La fête du château d'Esnes le 1er mai 1976
Brinqueballe :
Bernard, dit Ben Kaczmarek, accordéon diatonique
Patricia Kaczmarek, vielle à roue
Edith Monsu, épinette
Patrick Plouchart, violon, cornemuse

Fête du château d'Esquelbecq 1979
Haeghedoorn
Marieke en Bart
Sprinkhanders

Bailleul ?
Yves Havet †
et Klauwaerts :
Jean-Jacques Révillion, violon
Gérald Ryckeboer, guitare

En région lilloise puis à la Maison de Danse de la Maison de Quartier de Fives
Mabidon

et les danseurs : Marie Aude Pradeau, Michèle Coupez, Monique Piolat, Frédérique Wascheul, Odile Hoestlandt, Christian Gheeraert †, Isabelle Alexis et Francine Hochedé

musique par le groupe Vents Contraires, dernière formule
à Gondecourt en mars 2000
Christian Declerck, violon, alto
Patrice Gilbert, vielle à roue
Gérald Ryckeboer, cornemuse, guitare et cistre
Elise Wuillemin, harpe celtique






Compléments :

"C’est à partir de 1977 que la Communauté Urbaine de Dunkerque, devenue locataire des lieux, y a financé un vaste programme d’investissements et d’animations destiné à faire de la Ferme Nord un équipement de loisirs ouvert à tous, au cœur des dunes qui commençaient alors à être protégées. De 1977 à fin 1985, date de la fermeture liée à des problèmes d’équilibre financier de l’association de gestion, la Ferme Nord a accueilli des milliers de personnes pour des spectacles, des classes de découverte, des activités de loisirs, des chantiers internationaux de volontaires ou des séjours à vocation sociale.
Pendant toutes ces années, elle aura constitué un espace de liberté et de créativité, qui n’a pas trouvé depuis son équivalent dans toute l’agglomération.
A l'origine créée et gérée par M. Jacquemart, de 1980 à 1983 c'est Pascale Debrock qui a été responsable de la programmation culturelle"

La Maison de Danse
C’est Mabidon qui est à l’origine du projet, au retour d’un stage auquel nous avions participé durant l’été 1976 (ou 77 ?), en Belgique, organisé par Claude Flagel. Christophe Declercq, un des violoneux de Mabidon avait participé à une « tournée » en Hongrie avec des musiciens et danseurs Wallons, autour des Flagel, pour représenter la Wallonie dans des festivals de musique traditionnelle. Il y avait entendu parler des « maisons de danse », lieux de pratique de musique et danses traditionnelles hongroises. On s’est dit « on va faire ça chez nous ». On était un petit nombre à s’intéresser à la musique traditionnelle, on connaissait des musiciens dans le Pas de Calais (le groupe Marie Grauette, Bernard Boulanger), à Dunkerque (Christian Declerck et sa bande), à Bailleul (Haeghedoorn), etc., mais les occasions de se rencontrer étaient rares et chacun jouait dans son coin. Passionnés par la musique et la danse traditionnelles, nous voulions qu’elles s’intégrent davantage dans notre quotidien.
L’idée était de favoriser les échanges, de diffuser les collectes ou découvertes des uns et des autres, et aussi de vivifier et de transmettre, notamment dans le domaine de la danse. Le phénomène bal folk en était à ses balbutiements et nous sentions bien que l’apprentissage des pas était une nécessité, y compris pour les musiciens.
Fin 1978 débutait la première édition de la maison de danse à la maison de quartier de Fives à Lille (59). Le matin, ateliers instruments et danse, le midi, repas pris en commun sur le modèle de l’auberge espagnole, et l’après midi, bal avec les musiciens présents. On était plutôt dans l’autogestion : pas de formateurs attitrés, pas de programmation de groupe, le principe était le libre échange, et la libre participation. Très vite, la plupart des musiciens et groupes locaux se sont appropriés la démarche, et la maison de danse est devenue une affaire collective dans laquelle se sont impliqués de nombreux bénévoles (car dans cette histoire, nous l’étions tous). Dans ce cadre ont également été organisés des stages, des concerts, et le fameux concours d’airs à danser nouveaux qui avait lieu à l’occasion des fêtes de fin d’année. Le critère absolu était l’adéquation à la danse et le jury dansait d’ailleurs durant le concours. Tout le monde avait un prix (chacun ramenait les horreurs dont il voulait se débarrasser) et le premier prix était un short vert remis en jeu chaque année.
L’aventure a duré dix ans, et on peut dire que la maison de danse a été un élément fortement structurant du mouvement autour des musiques et danses traditionnelles dans le Nord de la France.
Jean-Jacques Révillion

lundi 2 janvier 2017

Jean Baptiste Barbe facteur d'instruments à Berck

Les instruments de musique signés J.B. BARBE à Berck refont régulièrement surface sur les sites d'enchères, mais jusqu'à présent on ignorait qui était derrière cette "marque", était-ce un revendeur ? un prête-nom ? L'achat récent d'un catalogue de ce fabriquant a déclenché une recherche plus conventionnelle. L'aide précieuse des archives municipales de la ville de Berck sur Mer a permis de connaître un peu mieux cette famille de facteurs d'instruments de musique à vent. Mais si on a eu quelques réponses sur leur généalogie et leurs histoires familiales, il reste encore beaucoup de questions. Les réponses seront ajoutées au fur et à mesure sur cette page.







Jean-Baptiste BARBE est né à Mandray (Vosges) le 26 mars 1873, fils de Jean-Baptiste, fermier, et Marie Claire SAINT-DIZIER, tous les deux originaires de ce département. A priori rien ne prédisposait ce cultivateur, profession qu’il déclare lors de son mariage, à devenir fabricant d’instruments de musique.
Cependant lors de sa conscription, en 1893, il se déclare musicien de profession. Il devient naturellement soldat musicien dans le 8e puis le 5e régiment d’artillerie. Il est libéré en septembre 1897 et l’année suivante il épouse, à Anould (88), Marie Mélanie JACQUEMIN, papetière, qui y est née en 1872. Ses deux enfants naissent à Saulcy sur Meurthe (88), Marcel en 1900 et Armand en 1909. Au recensement de 1901 à Saulcy, il déclare la profession d‘ourdisseur chez Clétienne Frères. Sa fiche matricule mentionne un séjour à Rambervillers en 1905, dont le recensement de 1906 nous indique qu'il est chef de musique ; ainsi que son arrivée à Berck sur Mer le 15 août 1911, il y réside dans le Chalet Marie Joseph, rue de l’asile Maritime. C’est dans cet hôpital que décède son épouse, le 14 août 1914, Jean Baptiste est mobilisé depuis quelques jours dans le 11e régiment d’artillerie à pied à Grenoble. Après un séjour au 84e d’artillerie, le 24 février 1917 il est détaché, par le commandant du dépôt des métallurgistes, comme ouvrier militaire à la Maison Teste, cité Lemière, à Paris. Ensuite il est muté au 1er régiment de zouave le 1er juillet 1917, ce qui pourrait correspondre à une sanction disciplinaire, car son passage chez les zouaves n’est pas pris en compte dans ses années de campagne contre l’Allemagne. Démobilisé le 13 janvier 1919, il se retire à Berck, rue de Tours, et y épouse Eugénie BAZIN la même année. Dans cette commune il est mentionné comme luthier au recensement de 1921. Il y décède, le 27 novembre 1939, rue Rothschild.



le catalogue de 1931
collection personnelle


La Manufacture Générale d’Instruments de musique a été fondée en 1900, indique ce catalogue, mais cette date ne correspond pas à la chronologie de son “fondateur” qui à cette époque était ourdisseur, puis chef de musique, dans les Vosges. Est-ce que l’entreprise a été créée par quelqu’un d’autre ? l’a-t-il rachetée ? à qui ? et à quelle époque ? autant de questions qui restent en suspend.




Le catalogue indique qu’il est associé avec ses fils Le recensement de 1926 les mentionne tous les deux comme employés chez leur père. Marcel, l’aîné, est le directeur technique. A son décès à Berck en 1949, il est cafetier 20 rue Gabriel Péri. Armand est directeur commercial, il est mentionné comme tourneur à son mariage en 1928, il décède à Paris en 1947, son épouse, Marie Joannès, décède à New York en 1996, dans le quartier de Manhattan.





photos extraites du catalogue
collection personnelle



Le Club Musical Berckois en 1935, directeur fondateur J. B. Barbe en 1922
© Archives municipales de Berck sur Mer


Les collaborateurs :

Le directeur artistique est Adrien PELISSIER, ex-soliste de la musique de la Garde Républicaine et ses collaborateurs artistiques sont : 
- Gabriel DUSEIGNE, hors concours de l’école nationale de musique de Saint Omer, 1er prix du Conservatoire de Strasbourg, prix Luzan-Wolf et vice président, directeur de l’Harmonie du Touquet-Paris-Plage
- L. PERU, lauréat du Conservatoire de Paris en 1930
- Victor NYS, soliste de la musique de la Garde Républicaine, ex-professeur du Conservatoire de Roubaix
- Victor DUHAMEL, 1er prix du Conservatoire de Roubaix, soliste des Concerts classiques
- Gaston VASSOUT, 1er prix du Conservatoire, soliste des Concerts Parisiens.

D'autres questions attendent une réponse : comment s'est-il formé à la fabrication d'instruments de musique ? qui a financé la création de son entreprise qui comprenait au moins une cinquantaine d'ouvriers, vers 1930 d'après les photos ?
La recherche continue

Christian Declerck


D’autres infos sur les instruments J.-B. Barbe ici et ici
Des photos d'atelier similaires ou très ressemblantes, signalées par un lecteur ici et ici

Sources : état civil, registre matricule, recensements.
Mes plus vifs remerciements aux archives municipales de Berck et particulièrement à Mme Le Louarn, qui a fait une grande partie de ces recherches.
William Waterhouse, dans son New Langwill Index, paru en 1993, mentionne deux autres catalogues parus en 1929 et 1934 (cité par Jacques Cools dans la première partie de son Essai de classification alphabétique des facteurs, ouvriers, inventeurs, essayeurs, marchands… français, d'instruments de musique à vent, paru en 2000, n° spécial XI de la revue Larigot)




mercredi 21 décembre 2016

300 000

Plus de 300.000 pages visitées depuis la création de ce blog en août 2009



Les visites se sont amplifiées ces derniers jours pour une raison qui m'échappe et ont atteint, et sans doute dépassé, le record de + 9.500 pages visitées depuis un mois.



un record "historique" le 21 décembre



ce mois de décembre 2016 a été celui du record de pages visitées




vendredi 25 novembre 2016

Patrimoine minier à Oignies - l'héritage musical

Vendredi 2 décembre 2016 à 19h au bar du Métaphone®



La musique sera une nouvelle fois mise à l’honneur !
Après Fives et Hellemes, nous vous invitons à partager un verre et un moment d’échanges autour d’une pratique majeure dans le bassin minier et plus particulièrement à Oignies aujourd’hui : la musique.
Les intervenants de la rencontre, universitaires, musiciens, acteurs culturels locaux… vous présenterons leurs souvenirs et leurs connaissances sur l’importance de la musique sur ce territoire marqué par l’activité minière. La rencontre permettra également de présenter le projet global du site du 9-9-bis – Le Métaphone ® résolument orienté vers la pratique musicale actuelle.
Rendez-vous au bar du Métaphone® pour partager avec nous vos histoires et en découvrir d’avantage sur ce sujet.
La rencontre est organisée en partenariat avec le Pôle Patrimoine du 9-9Bis





vendredi 18 novembre 2016

Mise au point à propos de l’épinette Robert Rongier


Sur une page du site Mémoire du folk en Nord Pas de Calais, Jean-Jacques Révillion consacre un petit article à l’épinette fabriquée par Robert Rongier, celle que j’ai utilisée pour enregistrer l’album Spécial Instrumental ­– L’épinette des Vosges. Il écrit à la fin : « On peut donc en conclure que le disque qui fait référence pour le renouveau de l’épinette en France a été réalisé que ce soit pour l’iconographie que pour le contenu musical avec une épinette du Nord… ». J’apprécie l’humour, mais je ne partage pas cette opinion.

Jean-Jacques Révillion s’appuie sur le fait que l’épinette qui a servi de modèle à Robert Rongier est un modèle Coupleux à double caisse – ce qui est exact, mais nécessite une mise au point. Tout d’abord, à la date de parution de cet album (en 1972), la tradition de l’épinette du Nord est quasiment inconnue. Je sais qu’elle a existé par un témoignage écrit de la grand-mère de Bernadette Mona (lettre du 6 mars 1972 dont un extrait figure à la page 117 de L’Épinette du Nord, Association Traces, Centre socio éducatif, Hazebrouck, 1997), mais je n’ai pas connaissance de sa persistance ni des éléments de cette tradition. En 1971, j’achète à Alain Vian, marchand d’instruments anciens à Paris et expert agréé, une petite épinette munie d’une double caisse qu’il me présente comme une épinette des Vosges. À l’époque, je n’ai pas de raison de mettre en doute son avis – ceci d’autant plus qu’un instrument quasiment identique figure en photo page 13 dans l’ouvrage de Jean Ritchie, The Dulcimer Book. Là-aussi, l’instrument est qualifié d’épinette des Vosges. Aujourd’hui, nous savons grâce aux recherches des membres de l’association Traces que nous sommes en présence d’une erreur d’attribution : il s’agit bien d’un instrument originaire du Nord fabriqué par la maison Coupleux.

épinette Coupleux de la collection de Jean François Dutertre
photo Dominique Lemaire


Ces faits étant établis, il est nécessaire de revenir sur la genèse et la structure de l’épinette de Robert Rongier. Quand on l’observe attentivement, on remarque que, si la double caisse (le résonateur) est bien copiée sur l’épinette Coupleux, la caisse principale en diffère en de nombreux points. La forme de la tête n’est pas la même ; de plus elle est munie de mécaniques de banjo (à la place des mécaniques de mandoline utilisées par les épinettes des Vosges), et non de clés en fer. Elle possède cinq cordes comme la majorité des épinettes des Vosges. Le frettage reprend celui des Vosges, augmenté d’un demi-ton placé à un autre endroit que celui de l’épinette Coupleux. La double caisse de l’épinette Coupleux est plus longue que la caisse principale, ce qui n’est pas le cas de l’épinette Rongier. Enfin, la taille est radicalement différente : l’épinette Coupleux fait au total 65, 5 cm de long, l’épinette Rongier 83 cm.




épinette faite par Robert Rongier
photos Dominique Lemaire


La raison de toutes ces différences réside dans les consignes que j’avais données à Robert Rongier, notamment dans le fait que, pour la caisse principale, il devait prendre modèle sur les grandes épinettes de Gérardmer. J’avais été séduit par la forme élégante de la double caisse de l’épinette Coupleux, et surtout cela me permettait de résoudre le problème délicat de l’équilibre de l’instrument. Avec l’ajout de la double caisse, plus besoin de support, il devenait possible de jouer sur les genoux comme le dulcimer. Mais je lui avais demandé de réaliser l’instrument en agrandissant aux alentours des 7/5 l’épinette Coupleux. Là-aussi, la raison est musicale. Les petites épinettes sont, la plupart du temps, accordées avec les chanterelles donnant un sol à vide, les bourdons majoritairement accordés sol-mi-do. Les mélodies sont donc jouées en tonalité de do majeur. Cette tonalité n’était pas pratique pour le mariage avec d’autres instruments (joués dans le style « folk » de l’époque) ou la voix. Dès le début des premières reconstructions d’épinettes des Vosges dans le « mouvement folk, » nous avions choisi les grands modèles type Gérardmer permettant un accord dans la tonalité passe-partout de sol majeur, augmentée de tous les accords modaux inspirés de ceux du dulcimer. Pour finir, j’avais aussi demandé à Robert Rongier de munir l’épinette d’un large frettage permettant de dédoubler les chanterelles pour réaliser des accords et jouer en arpèges.

Robert Rongier

Pour toutes les raisons que je viens d’énumérer, ma position est de considérer que l’épinette conçue sur ma demande et mes instructions par Robert Rongier est un hybride entre la tradition du Nord et celle des Hautes-Vosges. Ce nouveau modèle connut un succès immédiat. Robert Rongier reçut des commandes de nombreux musiciens et groupes parmi les plus connus à l’époque, comme La Bamboche, Malicorne, Le Grand Rouge, Dominique Maroutian, Emmanuelle Parrenin…

D’autres luthiers reprirent le modèle. Parmi ces derniers Pierre Kerhervé, à qui Michel Colleu demanda une touche chromatique, à la place de l’habituelle touche diatonique, selon le modèle du citera hongrois (une touche diatonique avec au-dessus une touche avec seulement les demi-tons chromatiques). Mais il se trompa en poursuivant les tons diatoniques dans la touche chromatique. Il obtint ainsi un modèle inédit de frettage dont les joueurs exploitèrent aussitôt les nouvelles possibilités qu’il offrait. Finalement un nouveau modèle d’épinette chromatique à double caisse s’est imposé parmi de nombreux luthiers et joueurs (aussi bien des Vosges que du Nord ou de Belgique, par exemple), reprenant les innovations de Robert Rongier et celle de Pierre Kerhervé. C’est ce modèle qu’un luthier comme Christophe Toussaint a nommé « épinette artésienne ». On comprend après avoir lu ce que je viens d’écrire que je ne suis pas d’accord avec cette appellation. Ceci d’autant plus que le dépouillement de l’enquête menée en 1957 par les ATP, enfin rendues possibles, croisé avec ma propre enquête, permet de mettre en lumière l’existence d’une tradition d’épinette chromatique aux alentours de Gérardmer…





épinette chromatique faite par Rémi Dubois
photo Jean François Dutertre

dimanche 30 octobre 2016

Marcel Dambrine, chansonnier, 1887-1962

mises à jour 15 août 2016, le 30 octobre 2016

A priori rien ne destinait ce chansonnier à se retrouver  sur ce blog, sauf que, quelques fois, quand on cherche on trouve ce qu'on ne cherchait pas.

Marcel Dambrine
collection personnelle

Marcel Dambrine est référencé sur la toile pour l'une de ses chansons, la Marche des Croix de Feu, ce n'est pas la meilleure, il en a écrit bien d'autres qui n'ont pas laissé beaucoup de traces.


Alfred Dambrine, dans la revue Paris qui chante, en 1904
collection perssonnelle


Il est né le 29 mars 1887 à Saint Germain en Laye. Il est le fils d'Alfred Lucien, artiste lyrique et dramatique qui se produit dans les théâtres de France avec son épouse Emilie Malard. Emilie est une enfant de la balle, elle est la fille d'Emile Adolphe, comédien reconnu, 1er accessit du Conservatoire de Paris en 1860 et qui, d'après Henry Lyonnet, dans son dictionnaire des Comédiens, "donnait les plus belles espérances au sortir du Conservatoire où on l'opposait à Coquelin aîné", son épouse, Virginie Malardhié est aussi artiste dramatique. Marcel n'a pas connu sa grand-mère maternelle, elle est décédée depuis six ans quand il est né. Son grand-père paternel, Aimé Zéphire Dambrine, négociant en vins et conseiller municipal de Saint Germain en Laye, est originaire du Pas de Calais, de Gouy en Artois précisément, où il est né en 1836.




Le fantaisiste, chanteur, comédien, imitateur, transformiste, magicien, ventriloque, etc. 
Marc-Brynn'
collection personnelle

Fils d'artiste, petit-fils d'artiste, Marcel suit la ligne familiale et quand il s'engage en 1914, il a sans doute déjà un passé d'artiste bien fourni. Dans les tranchées du Pas de Calais, il écrit et compose des chansons patriotiques, le Père Laguerre, Les Vieux Poilus, etc. et se surnomme Le Poilu-Chansonnier sur les petits formats qu'ils propose à la vente, 1 franc, ou 2 fr. 50 le grand format. En 1915 il est blessé à Neuville Saint Vaast, ce qui lui sauve peut-être la vie, étant mutilé il échappe désormais aux combats.
Son premier mariage en 1911, à Marseille avec Henriette Blanquet, ne résiste pas à la guerre. Il se remarie à Enghien les Bains en 1918 avec Germaine Blanchard, le couple divorce en décembre 1929.
Au début des années 1920, à Vichy, il dirige le Ciné-Théâtre Dambrine situé 8 rue Jean Jaurès, dans l'Hostellerie du Bon Vieux Temps, et dont la devise était Voyez chaque spectacle avant de voir le nôtre. Car après l'avoir vu… vous n'en voudrez plus d'autres…

On le retrouve à Toulouse à la fin des années vingt où il crée le cabaret, Les Oies du Capitole, avec une jeune chanteuse, Micheline Hetty (alias Jeanne Henriette Michel) qui deviendra son épouse en février 1931. Micheline est aussi une artiste, soprano de l'opéra-comique et 1er prix du Conservatoire de Toulouse. Peu après leur mariage le couple quitte Toulouse pour Lille. En 1932 Marcel est co-auteur, avec Léopold Simons, de la revue Radio P.T.T. Nord, transmise depuis l'hippodrome lillois, au cours d'une émission publique organisée à l'occasion de l'inscription du 15.000e membre de l'Association de Radiophonie du Nord. Au programme de la première partie on retrouve les vedettes locales : l'accordéoniste V. Marceau, le fantaisiste Bertal et Line Dariel, suivis d'une opérette-féérie-prologue en un acte, Muguette ou la Dernière des Fées, de et par Marcel Dambrine et son épouse. La deuxième partie est consacrée à la Revue, signée de Pierre Manaut, Léopold Simons et Marcel Dambrine. Durant son séjour lillois il a l'occasion d'écrire d'autres œuvres, comme cette Chanson officieuse de la corporation des agents de change de Lille qui cite une trentaine de ses membres ! A Lille Marcel exerce la profession de directeur artistique d'une agence de spectacle située 24 rue Neuve.



Marcel Dambrine et Micheline Hetty
collection personnelle

Dans les années 1930, Marcel Dambrine participe à de nombreuses tournées dans les colonies françaises. En novembre 1936 il est à Madagascar, il se produit à Antsira, Ambositra, Fianarantsioa, Mananjary, Ambohimahosoa, Tananarice, Moramaga, Tamatave, Diégo-Suarez, Majunga, Morovoay et Maevatanana. De 1939 à 1942 il est en Indochine, à Saigon, Hué puis Hanoi où il est professeur aux l'Ecoles Normales. Ensuite il s'établit à Chi-Hoa où il exploite une ferme, rue de l'église. Fait prisonnier par l'armée japonaise, il est interné dans un camp de concentration. Rapatrié sur le  cuirassé Richelieu, il est hébergé à Alger jusqu'en 1946. Il s'installe ensuite à Oujda (Maroc) où il prépare ses tournées de Théâtre de Marionnettes.

source : Leonore


De 1947 à 1955 il est domicilié à Saïdia du Kiss au Maroc, vivant en concubinage avec Germaine Poyen, parisienne née en 1912. Il y dirige "le premier Casino du Maroc… quand on vient d'Algérie". Pendant son séjour au Maroc il est fait chevalier de la Légion d'Honneur. En 1955 il doit s'enfuir du Maroc. En 1958 il est domicilié à Paris 151 rue de Belleville, puis on le retrouve à Gouy en Artois, berceau de sa famille, à la fin de la même année. Il meurt en 1962 à Ravières (Yonne).

Christian Declerck

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Catalogue des œuvres de Marcel Dambrine :

- Ah ! qu'est-ce que t'attends ?, chansonnette comique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Amour, amour ! quand tu nous tiens, paroles de M. Dambrine, musique de Saint-Servan
- L'attaque de nuit, poème
- Ça c'est l'amour ! chansonnette comique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- C'est en chantant, paroles de M. Dambrine, musique de Saint-Servan
- C'est si doux d'aimer, valse chantée, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Darcaigne
- Chanson officieuse de la corporation des agents de change de Lille, air : Les Gars de la Marine
- Chant du 160e d'infanterie, paroles et musique de M. Dambrine
- Les croix de feu, chanson marche officielle de l'association des décorés au péril de leur vie, paroles et musique de M. Dambrine
- Daisy, chansonnette comique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Le Déserteur, monologue
- Dolly, chanson dramatique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Le dragon, chant patriotique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Darcaigne
- En convalo, opérette en un acte, livret de Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Frisson de bambou, idylle Anamite, paroles et musique de M. Dambrine
- Hé… Enfin !, chanson, paroles et musique de M. Dambrine
- Henriette, chansonnette comique, simple historiette d'amour et de guerre, composée, écrite et chantée dans les tranchées de première ligne de Notre-Dame de Lorette, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Jack, blue jacket, chanson des matelots anglais, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Les J. P. P., souvenir d'Artois 1915, composé dans les tranchées, paroles et musique de M. Dambrine
- Kultur !!!, comédie dramatique en un acte, livret de Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- La lettre, diction patriotique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Maimaine, chansonnette comique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Maria, chansonette comique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- M. le Curé… marraine !, comédie en un acte de M. Dambrine
- Mon cœur est plein d'humour, saynète
- Mon jardin secret, extrait de l'opérette Muguette ou la dernière des fées, paroles musique de M. Dambrine
- N'y comptez pas, chanson patriotique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Notre casque, écrit à l'hôpital février 1917
- Nous tiendrons jusqu'au bout !, chant patriotique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Les pauv's auxis, chansonnette sociale, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Darcaigne
- Père Laguerre, paroles musique de M. Dambrine
- Le Père Mathieu à Paris, monologue comique paysan
- Poème des culs-terreux, saynète, extrait de la comédie vaudeville en un acte Madru millionnaire de M. Dambrine
- Première vision, assaut de la Chapelle Notre-Dame de Lorette le 3 novembre 1914
- La route blanche, bois de Bouvignies près de Lens, novembre 1914, paroles de M. Dambrine, musique de Saint-Servan
- Tommy, chansonnette comique anglaise, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Les trois matelots, légende (presque) bretonne, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Louis Bas
- Une infirmière, chansonnette comique, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan
- Le vieux marchand de chansons, scène dramatique, monologue
- Les vieux poilus, chant du 360e d'infanterie, paroles et musique de M. Dambrine
- Yvonnec, chanson bretonne, paroles de M. Dambrine, musique de M. Dambrine et Saint-Servan