jeudi 16 décembre 2010

La fête des rois en Flandre

Article paru dans Le Nord Illustré du 15 janvier 1910


"C’est une fête particulièrement populaire dans notre région où, malgré quarante ans de République, on tire encore les rois… Nous disons "malgré quarante ans de République" car sous l’Empire les billets du roi étaient jugés suspects, s’il faut en croire les très curieux "billets de l’Empereur" qu’il nous a été donné de voir récemment dans la collection de M. Pierre Decroix. On goûtera donc ce récit d’une des formes pittoresques sous lesquelles se présente la fête des rois en Flandre. Il est écrit par M. André Biébuyck, fils du distingué maire de Vieux-Berquin, et par conséquent bien placé pour connaître cette région fertile en vieilles coutumes.

Les Rois Mages à Meteren

Elles s’en vont, elles disparaissent, les bonnes vieilles coutumes qui firent la joie de nos pères. Le progrès les chasse, et bientôt elles n’existeront plus même à l’état de souvenir. En certains coins de Flandre pourtant, où la langue française n’a pas encore réussi à s’implanter complètement, il en subsiste quelques unes, derniers vestiges d’une époque moins prosaïque que la nôtre.
L’une d’entre elles se pratique encore annuellement lors de la fête de l’Epiphanie.
Ce jour là, le jour des Rois, s’en vont dans certains villages du canton de Bailleul, des jeunes gens aux costumes inattendus. Tout de blanc habillés, pantalon et chemise constellés d’étoiles de papier multicolores, coiffés d’un chapeau décoré de même et autour duquel pendent des dentelles, ce sont les "Rois Mages" qui s’en vont de porte en porte chanter l’antique complainte de l’Etoile de Bethléem. L’un d’eux tient au bout d’un bâton une roue ornée de fleurs et de rubans, qu’il fait tourner, à la grande joie des gamins qui les accompagnent. On les accueille avec plaisir les "Sterreken", et il n’est pas de maison, où ils ne reçoivent du pain, des gâteaux ou quelques sous. Ce qu’ils racontent, c’est l’histoire de la nativité et de l’arrivée à Bethléem des Mages conduits par l’étoile miraculeuse.

Avec l’étoile arrivèrent trois rois
De terres étrangères, de très loin

La traduction ne pourrait rendre que très imparfaitement la charmante simplicité de cette chanson. Certains couplets sont d’une naïveté délicieuse. Dans la crèche, la Vierge avec l’Enfant Jésus et Saint-Joseph sont mourants de faim alors…

Marie va dans la boulangerie
Achète un petit pain et le partage en trois

Et cela se chante sur un vieil air, composé en même temps que les paroles par quelque Liedzanger inconnu.

Aussi la traduction française ne s’adapte-t-elle que très imparfaitement à cette mélodie qu’il faut avoir entendu avec les accentuations rudes et gutturales d’une langue germanique pour en goûter tout le charme étrange.
Combien d’années encore verrons-nous les "Rois Mages" Le français gagne de jour en jour. Le flamand s’en va et avec lui les vieux usages qui y étaient trop intimement liés pour pouvoir vivre sans lui.
Si vous voulez voir les "Sterreken" allez à Meteren en Flandre le jour des rois."

Texte et photographie d’André Biébuyck

Une étude sur les chant des Rois Mages par Florimond Van Duyse (en néerlandais)
Les "rois mages" contemporains ici

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Une autre image, capture d'écran de la télévision, de mauvaise qualité hélas, lors d'une série de diffusion de documents des années 1960 sur la télé régionale France3

vendredi 3 décembre 2010

Haeghedoorn

Haeghedoorn - Aubépine - 1979
Musique et chants traditionnels flamands
Traditionele vlaemsche liederen en muziek



01-Matheeje/Carillon de Douai
02-Den uyl
03-Kegeldans
04-De Reuze
05-Sinte Anna feest
06-Mavrouwe/Rachelje
07-De kolom
08-Plompaert
09-Jan mijnen man
10-Benjamin
11-Waerheden

Claude Claeys : accordéon chromatique, vielle à roue, guitare, flageolet, chant
Laurent Claeys : cornemuse, violon, chant
Irène Vandenberghe-Dewulf : guitare, rommelpot, chant
Martial Waeghemacker : accordéon diatonique, mandoline, blazeveer, tambour, chant

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Pépino, chanteur des rues


Thomas Joseph BARAS, dit Pépino, né à Wavre (Belgique)
merci à la Bibliothèque Municipale de Valenciennes
qui m'a aidé à découvrir celui qui se cachait derrière ce pseudonyme.


collection personnelle

Fils de Jacques, cordonnier, né à Wavre et Marie Josèphe Wanesse, il est né le 2 décembre 1881 dans le quartier de la Basse Wavre.

Les nombreux petits formats que l’on retrouve dans la région sont le témoignage de l’intense activité de ce chanteur ambulant. Quelques uns, provenant de Belgique - imprimés à Namur, Bruxelles ou Charleroi - semblent être antérieurs à son séjour dans la région.
Il s’installe à Valenciennes vers 1926 où il réside à cinq adresses différentes : rue Derrière la Tour, rue Gustave Crauk, cité Lebrun, avenue Sénateur Girard et boulevard Froissard. En 1928 il est à Béthune.


collection personnelle

Ses publications des années 1926/28 ne diffèrent pas de celles des autres chanteurs ambulants, les chansons sentimentales dominent ; il se fait une spécialité de chansons sur les belles-mères qui sont un vrai succès - plus d’un million d’exemplaires vendus affirme-t-il dans sa publicité - et, comme pour ses confrères, l’actualité est aussi une source d’inspiration : il a écrit des chansons sur le crime de Bohain, une octogénaire assassinée le 15 décembre 1926 et sur l’exécution de Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti le 23 août 1927. En 1931 il écrit une chanson sur la catastrophe du Saint-Philibert.
C'est peut-être lui que l'on retrouve quelques années plus tard à Paris où il chante et danse dans la revue du Casino de Paris La Joie de Paris avec la chanteuse et danseuse Gavel et surtout aux côtés de Joséphine Baker qui menait cette revue créée en 1932.



collection personnelle


On sait également qu’il a collaboré quelques temps avec l’accordéoniste et compositrice Paula Chabran (Marseille 24/10/1892 - Moissac 7/05/1981) pour qui il a écrit de nombreuses chansons dont le grand succès Madïana.


Paula Chabran et Charlys, son second auteur

collection personnelle



Ces chansons étaient reprises et vendues par d'autres chanteurs ambulant comme ici à Lille vers 1910 à la Braderie

source : Le Nord Illustré

Listes de ses chansons
source : collection personnelle

À la mémoire de l'abbé Lemire (collection maison de l'Abbé Lemire, Hazebrouck)
Ah ! c' que j' voudrais être coq !
Ah ! les belles-mères !, air : Ah ! les grandes femmes
Ah ! les femmes d'aujourd'hui !
Ah ! Nana !, sur un motif de l'opérette "La haut"
Amour ne dure qu'un temps (l'), air : Reviens
Baisers d’une maman (les), air : Riquita
Bas de soie (les), air : Naïdja
Beaux Serments d'amour (les)
Belle-maman danse le charleston, air : Olga Olga
Belles mères (les), air : Le trompette en bois
Bengala
Ca fait pleurer les mamans, air : Une chanson dans la nuit
Ca va mal tout augmente ! air : Y a des loups
Calcutta, air : Bilbao
Gutenberg
Caroline de mange pas ça !
Ce sont des gueux !..., air : Dolorita
Célèbre fox-trot du baiser (le), air : les baisers
Célina, air connu, canchon in patois
Chochote
Deux mineurs égorgés dans la région de Lens, air : Si tu savais combien je t’aime
Devant les héros, air : La terre a parlé
Dis papa ?, air : Viens Maman
Djellaiah
Elle avait un p'tit grain de beauté, air : Elle avait une robe à carreau
En dansant le fox-trot, air : Tout en dansant le fox-trot
En dansant le Shimmy, air : Venez danser le Shimmy
Femmes et les fleurs (les), air : Les fleurs que nous aimons
Feummes d'ach'teur et leu pauv's hommes (les), air : Elle danse le charleston
Folie du jass-band (la)


collection personnelle


Homme est un polichinelle (l'), air : Polichinelle
Horrible crime de Bohain, air : Y a des loups

Horrible tragédie de Saint-Thégonnec, air : Une chanson dans la nuit
I n' faut pas s'in faire su c' monde-ci, air : Elle avait une robe à carreau
Il a toudi s' bâton dins s' main, air : Sa p'tite valise à la main
Il faut payer, M'ssieurs les Prussiens !, air : Mam'zelle la Victoire
Il rigolait comme une baleine, musique de Pépino
J’ai enn’ femme qui s’ fout d’ mi !, air : très connu
J'os' pas faire ça !, air : Olga Olga
L'amour, le mariage et l'divorce !, air : Noir et bleu
Ma belle gosse, air : O viens, ma gosse
Madame, n'allez plus chez l' guérisseur !
Madïana
Mais voilà ce n'est pas encore la mode, air : Gitana
Maman n'veut pas !, air : Lune d'amour
Manolita
Je n'ai qu'une maman


collection personnelle


Marche des cocus (la), air : La Marche des Poilus
Marguerite, air : Arthémise
Maria ! Maria !, air : Olga ! Olga !
Moi j'ai une belle mère !, air : en plus petit
Mon p'tit, air : Du gris
Mon p'tit gars, air : Miralda
Much' tes guampes, Clémentine !, air : Valentine
N' vous mariez pas !
Naufrage du St-Philibert (le), air : Une Simple Poupée
Ne pleures pas, petit' maman, air : Sur le trottoir
Nungesser
On n's'en fait pas !, air : avec le sourire
On s'fout d'nous
Oui, mais... elle danse le charleston !, air : C’est si gentil, les hommes
P'tit's femmes de Valenciennes (les), air : Sur les bords de l'Atlantique
Petite maman que je t'aime, air : Dis-moi pourquoi je t'aime
Petite maman si tu savais ...
Petite mère chérie ...
Portrait d'une maman (le), air : Si tu savais combien je t'aime
Pour mon gosse, air : A Sorrente un soir
Pour plaire à Mélanie, air : L' jolie loucheuse
Pourquoi m'avoir tué mon homme ?, air : Si tu savais combien je t'aime
Qu'elle sâle invention, les belles-mères !
[sic], air : Le trompette en bois
Quand ej' vos passer Maria, air : Soleil marocain
Quand les roses sont mortes
Repentir, air : Souvenir
Rien à faire em' maman n' veut point, air : Boudou ba da bou
Reviens ... petite Mimi
Si té voulos dév'nir em' bonne amie !
Supplication, air : Primerose
Sur un air de black-bottom, musique de Pépino
Valse des trottins (la)
Valsez ! trottins légers
Viens Nénette, air : Mimosette
Y a d' la baisse !, air : Y a trois filles à Saint Quentin