jeudi 25 juillet 2013

Christophe Declercq, 1956-2013


Mon ami, notre ami Christophe Declercq nous a quitté le 24 juillet 2013. 

© Photo Nadège Fagoo


Depuis un peu plus d’un an, il se battait contre la maladie, le cancer. Avec courage et détermination,  lui qui était médecin épidémiologiste il savait à qui il avait affaire, il a mené ce combat, forçant l’admiration de ceux qui savaient...

Sachant que le temps lui était compté, Il a mené à bien la conception et l’enregistrement d’un projet personnel de disque de violon avec Margaux Liénard : “Histoires de violon” qui  restera la trace tangible du superbe violoneux de tradition orale qu’il est. J’ai du mal à parler de lui au passé...

On s’est rencontrés sur les bancs du lycée Jean Perrin à Lambersart et nous avons commencé ensemble à jouer de la musique trad, lui à l’épinette, puis à la vielle à roue et moi à la guitare, et très vite tous les deux au violon,  au début de nos années de fac. C’est cet instrument, le violon,  qui a forgé sa réputation de musicien d’exception.

Nous avons appris ensemble le jeu de violon traditionnel, à une époque où il était impossible de trouver des informateurs/formateurs dans notre région, et je me souviens de notre enthousiasme à découvrir le style et le répertoire des violoneux sur les premiers collectages et enregistrements disponibles sur disque (vinyls, forcément) : Aimé Bozier, les Shetland fiddlers, les violoneux corréziens, les frères Balfa, et plus près de nous, en Wallonie, Constant Charneux et Henry Schmitz...

Evoquer Christophe, c’est évoquer forcément “l’histoire” du renouveau de la musique traditionnelle dans notre région du Nord depuis les années 1970... Il a été à l’origine de Mabidon, de  la maison de danse de Fives,  du Quatuor Fanfare, Mouchafou, le duo Declercq-Lenoir, Envoyez les violons, le duo Declercq-Liénard... Sa présence aux sessions folk (Le Biplan, Les Damoiselles, et bien d’autres où on le croisait régulièrement...) était un gage de soirée réussie dans l’échange et la convivialité de la musique trad. 

J’en oublie sans doute, tant était grande sa générosité de musicien, sans compter ses nombreuses contributions à des enregistrements discographiques. Sa renommée et son style de violon ont été appréciés en dehors de notre région , et on l’a vu jouer avec Jean François  Vrod, Michel Esbelin, et bien d’autres ...

Sa passion du violon, il l’a partagée par l’animation de stages, d’ateliers et il a été longtemps l’animateur de l’atelier violon de la Piposa à Sailly sur la Lys. Il a toujours eu la volonté de transmettre et nombreux sont les jeunes musiciens de la région qui lui sont redevables de son compagnonnage.

Le petit monde de la musique tradonordiste qui lui doit tant est en deuil, et la seule façon de faire vivre sa mémoire est de continuer à jouer “les airs de Christophe” , lui qui fut aussi un formidable créateur de mélodies d’inspiration traditionnelle, dont on peut retrouver certaines dans son disque “histoire de violon”. J’en citerais deux qui me semblent particulièrement  belles et de circonstance : “Adieu les gens” et “Eternel retour”.

Salut l’artiste, tu vas nous manquer énormément... 

Jean Jacques Révillion





photo C.D.
à la Maison de danse de Fives avec ses amis du groupe Mabidon :
Michel Lebreton (flûte) et Didier Demarcq (accordéon diatonique)



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Discographie :


Le Point du Jour, Quatuor Fanfare, 1986
C'est les Vacances, Jean-François Vrod, 1987 (Song for Gustave / Mazurka à Perrier-Mazurka à Catablanc / Piou blanc)
Chants des populations maritimes des côtes de Flandre, Blootland, 1987/1993 (Reys Naer Island)
Voyages, Jean-François Vrod (Song for Gustave / Piou blanc), 1994
Traditional and authentic music of France, avec Mabidon, 1998 (hors commerce)
Rue du fief, La Piposa, 1999
Elève toi donc belle, Jean Jacques Révillion, 2005
Mouchafou, 2008
- Germaine, Shillelagh, 2009 (Les Beaux Jours, Pieternelle)
Un artiste, un instrument, Le violon, Gabriel Lenoir, 2012 (Tjanne/Driekoningenlied, La Saint Glinglin/La Juchée Haute, Avant le Matin)
Histoire de violon, 2013
et tout ce qu'il y a sur ce blog


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Un extrait d'une répétition du Quatuor Fanfare en 1984
- branle de Bourgogne de Claude Gervaise, par le groupe
- une valse du répertoire de François Joseph Jamin, solo de Christophe
- la bourrée de Nanot du répertoire de Michel Meilhac, solo de Christophe







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vendredi 5 juillet 2013

Vielleux flamand

En continuant d'explorer les bases de données de Geneanet, j'ai rencontré Charles ADAM, joueur de vielle, à Herzeele au début du XIXe siècle.





Charles Louis Winoc ADAM est né à Herzeele le 16 avril 1805, il est le fils de Pierre Jean Cornil, né à Bissezeele  en 1770, journalier et aussi musicien (à son décès en 1834) et Barbe SACKEBANT, née à Herzeele. En 1833 il épouse Barbe Victoire Reine PLOYAERT, née à Winnezeele. Ils ont une douzaine d'enfants, qui naissent tous à Herzeele. Sur l'acte de baptême des trois premiers, sa profession de joueur de vielle est clairement indiquée, ensuite il se déclare journalier.




merci à Bruno Danzin (bdanzin)



À Dunkerque 

J'ai relevé la présence de joueurs de vielle ambulants : Antoine REMOND lors du décès de sa fille Marie Catherine le 11 mars 1764 et le jeune Antoine Joseph TONNET, né vers 1771 à Visé, près de Liège, qui fait un séjour à l'hôpital en 1785.
En 1789, un musicien fait cette demande au Magistrat de Dunkerque :  Messieurs les bourgmaistres et échevins de la ville et territoire de Dunkerque — Supplie très respectueusement Joseph Léonard, qu’il ait l’honneur, de vous représenter très humblement qu’il vous plaisent Messieurs vouloir bien lui accorder la libre permission de jouer de sa vielle organisée dans les rues et chez les personnes qui le demanderont. Le suppliant Messieurs n’a d’autre volonté que les votres et se conformera en tout point aux ordres qu’il plaisra au siège lui precrire et promet de n’en point enfreindre. Il ose tout attendre de votre équité et ne cessera de former des vœux pour la conservation de vos jours. Quoi faisant ferer justice. Nous disons que ce que le suppliant demande ne peut lui être accordé. Signé DE MAN.



Un faiseur de vielle, François DUMORTIER, originaire de Bondues, est domicilié à Dunkerque entre 1760 et 1769. Dans les registres de capitation il se déclare successivement journalier (1760 et 1765), faiseur de vielle (1766, 67, 68) et marchand de vielle en 1769. Il est l'époux de Catherine VILLET, née à Liège, paroisse Saint Christophe.

sources : archives du Nord et Archives municipales de Dunkerque

à venir, une abondante moisson de joueurs de violon !

Christian Declerck