samedi 9 septembre 2017

Katrien Delavier - Hempson

mise à jour le 12/9/2017 : nouveau lien de téléchargement + la vidéo



Denis Hempson



Un entretien fait au début des années 1990 à propos de la genèse du groupe Hempson. Ce groupe a été créé à l’initiative de Rachelle Delahaye (Riouah) pour une commande d’un centre culturel de la région parisienne.
Le répertoire choisi est en majorité basé sur le collectage d’Edward Bunting réalisé lors du festival de Belfast en 1792, ce musicien avait noté tous les airs interprétés et particulièrement (avec l’accompagnement original) ceux joués par Denis Hempson, ou Hampson (1695-1807), dernier harpiste défenseur de la tradition de la harpe ancienne à cordes métalliques.
Elle évoque aussi les difficultés du jeu en groupe pour des musiciens qui ne se connaissent pas et ses recherches sur le jeu ancien de la harpe à cordes métalliques.

l'entretien :




Le son seulement  ICI   (nouveau lien)

un extrait de l'album :





Les carnets de notes de travail manuscrites d'Edward Bunting sont en ligne ICI

mardi 29 août 2017

Léon Déplanque 1896-1966

mise à jour le 29 août 2017 : la vie parisienne de Léon

Le chanteur des rues héninois



Collection personnelle

La revue Nord France de 1953 a recueilli le témoignage d’un des derniers chanteurs ambulants de la région.
Il est né à Hénin Liétard en 1896, fils de Denis, houilleur, et Augustine DESRUELLES. Il débute à l’âge de 8 ans dans les ducasses de la région. Dans les années 1920, accompagné de l’accordéoniste Jules Donte de Loos-les-Lille, il parcourt le Nord et le Pas de Calais en proposant ses chansons sur les marchés et les places des grandes villes. Elles ont pour thème des faits divers : Le crime de Loos (1925), Le satyre d’Haubourdin (1929), Le bandit Dartois (1924), Le crime de Rouvroy-Nouméa (1934) ou la catastrophe de Courcelles-les-Lens (1929) ; ou sur des sujets moins tragiques : Vie en ménage (1922), Ah ! les belles-mères (d'autres exemples ici) ou d’actualité : Les nouviaux impôts (1928), Les glorieux défenseurs de Paris, Les chansons de la victoire, Hommage au peuple français, Oradour - vision d’horreur * (son plus grand succès, tiré à 475.000 exemplaires).
Sa fiche matricule nous révèle quelques nouvelles informations. D'abord un bref séjour en Belgique en 1930, à Wavre, il revient à Montigny en Gohelle puis à Hénin Liétard en 1931. Il déménage ensuite dans la région parisienne à Colombes en 1933, puis à Argenteuil en 1934, mais revient à Hénin Liétard en 1936. Est-ce durant cette période qu'il entre en contact avec la chanteuse MISMARGUETT ?, le sosie de Mistinguett, qui interprète ses chansons : Les Femmes d'aujourd'hui ou les temps modernes, Patience ça ira mieux, Faut faire la queue mesdames !, Le cocu content ou le ménage moderne et Pauvre bidoche ou 60 grammes de viande par semaine, sur l'air "connu" Si petite : Je te vois dans mon plat si petite / Si petite, ô ma bidoche, celle-ci créée par Maryss-Lyd dans les Concerts et Music-Hall Parisiens, probablement pendant la guerre.

Collection personnelle


Le développement de la radio et du cinéma porte un coup fatal à cette corporation, il abandonne le métier après la guerre et se retire à Lens. Il décède à Billy Montigny en 1966. Son fils Léon (1920-2005) a exercé pendant quelques années le métier de chanteur comique sous le pseudonyme de Léo MAX.

Léo Max
Collection personnelle

Dans les collectages on retrouve souvent ces chansons colportées par des chanteurs de rue, elles faisaient partie du répertoire des chanteurs amateurs qui animaient les réunions de famille. Souvent on les prend pour des chansons traditionnelles. Pour moi elle font partie de la culture populaire, surtout, comme ici, quand leur auteur n’est pas un lettré.

Christian Declerck

* lire en complément Oradour-sur-Galne, ultime exemple d'une tragédie chansonnée ?, par J.-F "Maxou" Heintzen, in D'onte ses ? D'où es-tu ?, revue du Cercle Généalogique, historique et Héraldique de la Marche et du Limousin, à paraître courant 2016

Téléchargez la copie de l'article ici NOUVEAU LIEN


Léon Déplanque à la batterie
Collectionpersonnelle




collection personnelle


collection personnelle


Je possède plusieurs de ses partitions avec les paroles sur un timbre à la mode
- Allons… Proserpine ?, sur l’air Avec ça mam’zelle
- L’amour… au cinéma, sur l’air Un air américain
- La chanson des malheureux, sur l’air Une chanson dans la nuit
- L’cocu contint, satisfait et battu, en patois héninois, sur l’air La faute à papa
- Le cocu content ou le ménage moderne, air connu
- Le dernier baiser d’une mère, sur l’air Du gris
- Faut faire la queue mesdames !, air connu
- Les femmes d'aujourd'hui, air connu
- Les femmes et la mode ou L’envie de toilette, sur l’air Lison Lisette
- Hommage à l’armée rouge ou les vainqueurs de Berlin, sur un air connu
- Je n'veux pas marcher, sur l'air Fi…fine, Fi…fine
- Joséphine aussi ou Elle fait toujours comme moi, sur l’air Marguerite aussi
- Lison la rouge ou La femme à tout le monde, sur l’air Paris
- La marche Franco-Russe, La glorieuse avancée de l'Armée Rouge sur Berlin, air connu
- Les nouviaux impôts, en patois héninois, sur l'air La robe à carreaux
- Ne frappe plus maman ou Cœur de gosse, sur l’air Cœur de lilas
- Gloire à l'armée rouge, au vaillant peuple soviétique ! Sauveur du monde !, air connu
- On nous avait promis, sur l'air La valse des mouches
- Oradour, vison d’horreur ou Ils ont tué mon père, sur l’air Le chant du guardian
- L’orphelin ou Le bon cœur d’un mutilé, sur l’air On m’appelle Frisson
- Pardonne ma jolie, musique de Jules Donte
- Pauvre bidoche ou 60 grammes de viande par semaine, air connu (Si petite)
- Pauvres enfants de la misère ou Les petits fils d’ouvriers, sur l’air Le sourire d’une femme
- Pauvre maman, tiré des films russes « Arc en ciel » et « Camarade ». « Cette chanson est dédiée aux vaillants partisans de la grande Russie, pour leur courage héroïque pendant la guerre contre les assassins nazis tueurs de femmes et d’enfant. » sur un air connu
- Patience, ça ira mieux, air connu
- Pour sa mère mourante, sur l’air Quand on a le bonheur d’être aimé
- Le p’tit béguin, sur l’air Ferme la porte
- Rendez-moi ma maman (la lettre d’un petit garçon à l’amant de sa mère qui abandonna père et enfant), sur l’air Quitte Paris
- Souviens-toi du passé, sur l’air Tu voudrais me voir pleurer
- V’là l’bon tuyau ou Prenez garde à l’amour, sur l’air Choisi Lison
Une copie des paroles est à votre disposition sur simple demande

jeudi 17 août 2017

Les sœurs Dalmasso, à La Bassée et Hulluch

Un témoignage détaillé des débuts de la pratique de l'accordéon dans le milieu ouvrier pendant l'entre deux guerres, en Nord-Pas de Calais.


Fany, Adeline et Pierrine Dalmasso
collection personnelle


Mon père était arrivé de son village natal du Haut-Piémont, directement dans le Nord de la France, vers les années 1920. Le pays avait été terriblement sinistré et dévasté par quatre ans de guerre. On embauchait car il fallait réparer les pots cassés et reconstruire. Dès que possible, papa fit venir maman et ils fondèrent un foyer. Ils eurent quatre filles. C'est ainsi que cela avait commencé. Maman avait ouvert ce que l'on appelait alors une cantine. Aidée d'une voisine, elle préparait et servait des repas à tour de bras à toute la petite colonnie italienne de Salomé et La Bassée. Après quelques années, mes parents achetèrent un petit café à Hulluch (62). Nous étions les « seuls » Italiens des environs. Nous allions à l'école de cette ville dirigée par madame Prum et qui faisait aussi fonction d'institutrice. Nous manquions les cours souvent les lundis, parfois les mardis, car nous jouions de la musique dans les ducasses qui se font de Pâques à septembre. Il faut dire que papa avait décidé de nous faire apprendre la musique afin que nous en fassions plus tard notre métier. Vers les 5 ans et demi pour moi, et 7 ans pour Linette, nous avons commencé l'étude du solfège. Un an plus tard, j'ai acquis mon premier violon et Linette son premier accordéon. Quand notre jeune soeur Fany a eu l'âge, papa l'a mise à la batterie […]

la suite ICI


En complément, 4 partitions extraites de ma collection



Deux compositions des sœurs Masso, éditées par Eden à Lille, vers 1950
André Bellengé était journaliste à Nord-France


Valse des Papillons de Maison-Emery
le grand succès de Mlle Aline Dalmasso

Parfum d'Aventure de V. Marceau
à Mlle A. Dalmasso, virtuose accordéoniste



D'autres photos d'orchestres d'accordéon ICI


mardi 15 août 2017

Trophée capitaine Hayet 2017

Mise à jour le 31 août 2017 : ajout vidéo de Jean-Jacques Révillion + vidéo OPCI



à virer au cabestan
photos : Maiwenn Briend


La septième édition du concours de chants de marins organisé par l’Office du Patrimoine Culturel Immémoriel a eu lieu cette année à Boulogne sur Mer durant la première journée de la fête de la mer organisée tous les 2 ans. Après St Gilles Croix de Vie (1998), Paimpol (1999), Douarnenez (2000, 2002), le Golfe du Morbihan (2015), Sète (2016), c’est Boulogne sur Mer qui accueille l’événement.
Le concours s’est déroulé le 13 juillet 2017 de 11 h à 18 h sur le quai Napoléon et a permis d’écouter 40 chansons, dans les 5 catégories proposées (Complaintes et chants de veillée, chants de travail, chants à virer au cabestan ou au guindeau, chants à danser, chants à hisser) et a vu défiler des groupes, duos ou solistes venant de Bretagne, de Normandie, de Vendée, des Hauts de France, et même de la Guadeloupe…

Les matelots des Soleils Boulonnais

Ce Trophée, qui porte le nom d’un des premiers collecteurs de chants de marin, le capitaine Hayet comporte un jury de spécialistes du genre, présidé cette année par Patrick DENAIN, du groupe « Marée de Paradis » et récompense 8 lauréats qui se voient remettre chacun un bateau en bouteille, travail de matelotage réalisé « à l’ancienne » par un spécialiste du genre, Henri RANNOU.
Le trophée de Boulogne était dédié à Michel LEFEVRE (voir en bas de page), membre du groupe folklorique « les Soleils Boulonnais ». Et pour cause : ce Monsieur a effectué depuis son départ en retraite et jusqu’à sa mort survenue en février 2014 un remarquable travail de collecte des chants traditionnels du Boulonnais.
Les locaux de l’étape boulonnaise se sont plutôt bien comportés puisque 4 trophées ont été attribués à des groupes ou solistes régionaux : en effet, les matelots et matelotes des Soleils Boulonnais (Boulogne sur Mer 62), la chorale de l’Ecole d’apprentissage Maritime (Grand Fort Philippe 59), La Bricole (Lille 59), et Jean Jacques Révillion (Cappelle en Pévèle 59) ont été récompensés, ce qui représente la moitié des trophées proposés. Et puisque nous sommes sur un Blog intitulé « archives du folk 59-62 », permettez moi de revenir sur le répertoire régional interprété à cette occasion :

- Les matelots des Soleils Boulonnais ont chanté « sur le corsaire de Boulogne nommé le Furet », un chant tiré d’un cahier de chanson manuscrit d’Auguste LAFOIREZ, de Boulogne retrouvé par Michel LEFEVRE. Commencé le 3 septembre 1798, ce recueil comporte 72 textes. Cette chanson a été publiée dans « le camp de Boulogne en chansons » en 2002.

Les matelotes des Soleils Boulonnais

- Les matelotes des Soleils Boulonnais ont, quant à elles, interprété « M’tit marchann ed’ pichon », paroles et musiques de Michel LEFEVRE, qui ne se contentait pas de collecter mais était lui aussi chansonnier !
- La Chorale de l’Ecole des apprentissages Maritimes a chanté « Partons la mer est belle », dont Michel LEFEVRE a collecté deux versions, l’une boulonnaise, et l’autre étaploise, publié dans son  recueil « Chants de Marins de la Côte d’Opale » publié en 2004.

La Bricole

- La BRICOLE , groupe composé de Vincent BRUSEL (chant, mandoline), Julien BIGET (bouzouki) et Olivier CATTEAU (accordéon diatonique) remplacé pour la circonstance par Margaux LIENART (violon) a chanté « le chant des quatre prisonniers », du cahier de chansons d’Auguste FOURNIER, d’Etaples, et publié par… Michel LEFEVRE dans son ouvrage « Chants de Marins de la Côte d’Opale ».


Jean-Jacques Révillion

- Jean-Jacques REVILLION a interprété « La belle Hollandaise », chanson flamande publiée en 1939 à Bruxelles par le Dr Jan BOLS qui l’a recueillie auprès d’un marchand de pipes ambulant originaire de Poperinge (B). En flamand à l’origine, elle a été traduite en Français par Jacques Yvart et Raymond Declerck (qui n’est autre que le père de Christian bien connu pour être le créateur de ce blog)
Mais on a aussi entendu chanter lors du trophée par un groupe extra régional (femmes de marins) « Marcherot de Dunkerque », qui n’est autre que le célèbre « Ali Alo pour Machero » collecté a Dunkerque par Edmond de Coussemaeker au XIXe siècle…
N’oublions pas de préciser pour finir que ce trophée a été présenté et commenté toute la journée par l’infatiguable Michel COLLEU, grand collecteur et connaisseur du répertoire de chant de marin, directeur de l’OPCI, et membre du groupe « l’Armée du Chalut ». Il a aussi organisé et animé le stage de chants de marins qui s’est déroulé les 10 11 12 juillet, et qui de l’avis général, fut un grand moment de partage.

Le 27 juillet 2017
Jean Jacques Révillion.





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les gagnants 2017



Palmares de la 7e édition
du trophée capitaine HAYET

Jeudi 13 juillet 2017 
L’édition 2017 du Concours de chants de marins Trophée Capitaine Hayet a eu lieu dans le cadre de la fête La Côte d’Opale fête la mer à Boulogne-sur-Mer. Organisé par l’OPCI et accueilli dans le cadre de la neuvième édition de la grande fête maritime qui se tient tous les deux ans à Boulogne-sur-Mer le Trophée Capitaine Hayet 2017 s’est déroulé sur le quai du bassin Napoléon. De 11h à 18 h. Il a permis d’entendre 40 chansons, réparties dans les cinq épreuves du concours : « Chants de ports, de veillées et de gaillard d’avant », « Chants des travailleurs de la mer », « Chants à danser », « Chants à virer au cabestan », « chants à hisser », et présentées par les concurrents 2017. Les groupes : Vareuses porteloises, Vent de Noroise, Les matelottes des Soleils Boulonnais, Les Matelots des Soleils Boulonnais, L’air Hâleur, Barachois, Tricorne, Dao Dao, Chorale de l’Ecole d’Apprentissage Maritime, La Bricole, Les Bons z’Enfants d’Etaples ; et les chanteuses et chanteurs : Mireille Hacquet, Marie-Geneviève Rano, Benoît Lemiègre, Eric Courville, Raymond Phuez, Césaire Berchel, Felipe Uribe.
Le jury 2017 était composé de Patrick Denain (Fécamp), Pascal Servain (Fécamp), Geoff Kaufmann (Mystic Seaport, USA), Antoine Quaguebeur (animateur à Radio Uylenspiegel, Cassel), Gaël Rolland, (Rennes), Bernard Subert (Parthenay). Les prix du Trophée étaient huit bateaux en bouteilles réalisés et offerts par un des maîtres du genre : Henry Rannou, de Quimperlé. Le Trophée a été présenté par Michel Colleu de l’Office du Patrimoine Culturel Immatériel, association organisatrice du Trophée. 
Voici les gagnants de l’édition 2017 : 
- La Bricole (répertoire du Boulonnais) 
- Les Soleils Boulonnais (Boulogne-sur-Mer, 62) 
- Chorale de l’Ecole d’Apprentissage Maritime (Grand-Fort-Philippe, 59) 
- Césaire Berchel (Paris, répertoire de Guadeloupe) 
- Jean-Jacques Revillion (Cappelle-en-Pevélle, 59, répertoire de Flandre) 
- Eric Courville (Ingre, 45, répertoire de Normandie) 
- Raymond Phuez (Douarnenez, répertoire de Cornouaille) 
- Marie-Geneviève Rano (Le Sel-de-Bretagne, 35) 
Deux prix spéciaux ont été attribué : à Felipe Uribe, de Bilbao (Pays basque) : prix d’encouragement à ce jeune chanteur, et à Geneviève Rabanit : prix pour l’originalité du répertoire (complainte du Havre). 
Le Trophée Capitaine Hayet s’est tenu aux Fêtes du chant de marin de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (1998) et Paimpol (1999), aux fêtes maritimes de Douarnenez (2000, 2002), à la Semaine du Golfe (2015), à Escale à Sète (2016). Au-delà de la grande diversité des ports qui ont accueillis ce concours, chaque édition a eu ses spécificités. L’édition 2017 a été particulièrement riche en complaintes, sans oublier les chants à virer, menés autour du cabestan de l’association Phare-Ouest (de Cancale) installé pour l’occasion. 
Renseignements complémentaires auprès de Michel Colleu, OPCI, 06 34 96 03 13 
Le Trophée Capitaine Hayet 2017 a été organisé par l’OPCI avec la participation de La Ville de Boulogne-sur-Mer, organisatrice de la fête, et la Fédération Régionale pour le Patrimoine Maritime Nord-Pas-de-Calais / Picardie, partenaire d’organisation de la fête La Côte d’Opale fête la mer à Boulogne-sur-Mer. Avec le soutien de la revue Chasse-Marée

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Trophée Capitaine HAYET, 2017 à Boulogne sur mer
hommage à Michel LEFEVRE (1932-2014)

Michel Lefèvre
photo X

Natif de Saint Martin Boulogne et cadre bancaire, Michel LEFEVRE se passionne très tôt pour la musique populaire traditionnelle. Membre de l’harmonie municipale de Saint Martin Boulogne pendant de nombreuses années, ainsi qu’accordéoniste du groupe folklorique alsacien de Lingolsheim; de retour en retraite à Boulogne, il décide de se consacrer au collectage des chansons et musiques populaires de la Marine du Boulonnais, en commençant par la famille étaploise de son épouse Paulette LAMOUR. A la recherche de textes et partitions, il fréquente toutes les brocantes de la Région et explore les archives encore inexploitées de plusieurs bibliothèques dont en premier lieu celle de Boulogne sur mer. Toutes ces recherches ont abouti à la publication de nombreux ouvrages, qui sont venus enrichir un pan considérable de la mémoire collective des Boulonnais : en 1989 puis en 1990 Chants, hymnes et danses du Boulonnais du XIIIes à la période contemporaine, le cahier Chants de marins de la mer du Nord et de la Manche édité par la revue nationale Le Chasse Marée.
Michel LEFEVRE met ses recherches à la disposition de groupes et artistes mieux à même de les interpréter : Patrick DENAIN du groupe Marée de Paradis, Philippe BOULFROY, Marc GOSSELIN, Jean-Jacques REVILLION, La Maisnie Nostree, Amuseon, Vincent Brusel et La Bricole, les Bons Z’Enfants d’Etaples et bien sûr l’AMTPB et son groupe folklorique Les Soleils Boulonnais. Michel LEFEVRE fournira à ce groupe l’essentiel de son répertoire de chants et de musiques pour les danses, tout en le dirigeant en chants et l’accompagnant comme accordéoniste les premières années. De leur riche collaboration, quatre CD seront enregistrés, dont certains titres dont il est l’auteur-compositeur sont désormais entrés dans le patrimoine musical boulonnais : El vin is lèv, les chevaux boulonnais…Auteur de l’ouvrage Le patois des quartiers et des faubourgs, pendant dix ans de 1989 à 1999, sous l’égide l’AMTPB, Michel LEFEVRE a également enseigné tous les mercredi soir dans les locaux du conservatoire de Boulogne, le patois boulonnais, dans la seule expérience à ce jour d’école de patois dans notre ville. Il a également collaboré de nombreuses années aux travaux de la Société Académique du Boulonnais, qui a publié nombre de ses recherches (notamment corsaires boulonnais et prisons anglaises de 1812-1813). Avec le temps, on se rendra compte que le travail de Michel LEFEVRE pour la musique boulonnaise a été aussi important que celui que fit en son temps Ernest DESEILLE pour l’histoire de notre ville. Son seul regret sera de ne pas avoir su convaincre les élus locaux de l’organisation d’un festival de musique boulonnaise qui aurait mis en valeur la richesse et la variété musicale de notre petite province (P. A. Monsigny, J. Mouton) que les musiciens de notre ville ignorent souvent. Selon sa volonté, il a légué l’ensemble de sa riche collection d’ouvrages, documents de recherche et instruments de musique à la Bibliothèque et au service des archives de la ville de Boulogne sur mer, qui pourront constituer ainsi un fonds Michel LEFEVRE accessible à tous.

Stéphane THIRIAT




vendredi 11 août 2017

Epinette du Nord, encore

mise à jour du 11 août 2017 : ajout de la méthode d'épinette DE RUYCK, transmise par Wim Bosmans

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Les découvertes se succèdent. Récemment, Jean-Luc Matte nous a communiqué une page d'un Annuaire de la Facture instrumentale de 1921. 



Au paragraphe Epinettes, on trouve trois mentions d'épinettes du Nord. En plus de l'omniprésent Coupleux Frères, on relève deux facteurs, L. FILLET, 30 rue des Villegranges, à Paris (Les Lillas), déjà mentionné dans l'annuaire de 1913, et Gilbert RIBEAUCOURT à Somain, 32 rue Sadi-Carnot. Un troisième nom apparaît aussi, c'est P. DE RUYCK, 128 Grande Rue à Roubaix, il n'indique pas sa spécialité, mais un annuaire de 1925 nous précise qu'il fabrique des épinettes du Nord, de même qu'en 1929, dans autre annuaire. Ce qui est confirmé par cette méthode découverte récemment par Wim Bosman, conservateur du Musée Instrumental de Bruxelles. Elle comporte une douzaine de pages. Le texte de présentation et les 20 leçons progressives sont identiques à la méthode Coupleux, lequel a copié sur l'autre ? La méthode vendue par De Ruyck comporte une mélodie supplémentaire, Les Baisers, et il la propose à 50 centimes, contre un franc pour celle de Coupleux.


collection Wim Bosmans





Pierre DE RUYCK

Né à Roubaix en 1879, Pierre Deruyck est connu comme marchand d'instruments de musique (puis de disques et de TSF) à Roubaix dès 1910. Il est le fils de Pierre Joseph, fileur, originaire de Gand et Charlotte Legrand, repasseuse née à Roubaix. Il fait des études musicales au Conservatoire de Roubaix et obtient un 2e prix de saxhorn en 1890, puis un 1er prix avec médaille l'année suivante. Vers 1900 il est nommé directeur de la Fanfare l'Espérance de Roubaix et en 1904 il devient directeur de la Fanfare Cycliste du Nord Touriste (Association départementale des cyclistes du Nord).

collection personnelle


Il se produira dans la région avec ses cyclistes musiciens, et même jusqu'à Dunkerque et Malo les Bains en 1904. En 1908 il sera remplacé par un autre Roubaisien (et futur Dunkerquois), Albert Cousu, mais c'est une autre histoire. Je n'ai pas encore trouvé la date de son décès, après 1932.


Charles Deruyck


Son frère Charles, né en 1887, est aussi musicien. Mais lui poursuit ses études au Conservatoire de Paris où il obtient un 1er prix de cornet à piston en 1909 et un 1er prix de trompette en 1910. Piston solo à la musique d'artillerie de Versailles, il est membre de la Société des Concerts du Conservatoire, il en devient sociétaire en mai 1938. Il décède à Nice en 1961.



Gilbert RIBEAUCOURT

Concernant Gilbert Ribeaucourt, la documentation est moins abondante.

1911


Liébert, dit Gilbert, est né à Marquette en Ostrevant en 1870. Lors de son incorporation il déclare la profession de verrier. Sa fiche matricule mentionne ses différentes adresses à Paris de 1902 à 1906, il exerce alors la profession de voyageur de commerce. En 1907 il est domicilié à Bohain en Vermandois. En 1911, à Denain, il épouse Philomène Souppart, née à Bully les Mines en 1867, il est alors domicilié à Somain et tient un commerce d'instruments de musique, profession qui est mentionnée dans les annuaires Ravet-Anceau jusqu'en 1932, toujours à la même adresse, 32 rue Sadi-Carnot. 

Annaire Ravet-Anceau 1935
source : Achives départementales du Nord


Le magasin est repris par H. Dupire vers 1933. Pas de mention publicitaire d'épinette du Nord, autre que celle de l'annuaire de la facture instrumentale. Mais ces publicités régionales et parisiennes, témoignent de la demande très forte pour cet instrument à cette époque.

Christian Declerck



mardi 11 juillet 2017

Jean Baptiste Barbe facteur d'instruments à Berck

mise à jour le 11/7/2017 : relevés des employés 1926 et 1931, tombe JB Barbe
mise à jour le 1/5/2017 : photos d'un saxophone envoyées par un lecteur
mise à jour le 30/01/2017 : informations du Registre de Commerce et création de la société Barbe et Fils

Les instruments de musique signés J.B. BARBE à Berck refont régulièrement surface sur les sites d'enchères, mais jusqu'à présent on ignorait qui était derrière cette "marque", était-ce un revendeur ? un prête-nom ? L'achat récent d'un catalogue de ce fabriquant a déclenché une recherche plus conventionnelle. L'aide précieuse des archives municipale de la ville de Berck sur Mer a permis de connaître un peu mieux cette famille de facteurs d'instruments de musique à vent. Mais si on a eu quelques réponses sur leur généalogie et leurs histoires familiales, il reste encore beaucoup de questions. Les réponses seront ajoutées au fur et à mesure sur cette page.







Jean-Baptiste BARBE est né à Mandray (Vosges) le 26 mars 1873, fils de Jean-Baptiste, fermier, et Marie Claire SAINT-DIZIER, tous les deux originaires de ce département. A priori rien ne prédisposait ce cultivateur, profession qu’il déclare lors de son mariage, à devenir fabricant d’instruments de musique.
Cependant lors de sa conscription, en 1893, il se déclare musicien de profession. Il devient naturellement soldat musicien dans le 8e puis le 5e régiment d’artillerie. Il est libéré en septembre 1897 et l’année suivante il épouse, à Anould (88), Marie Mélanie JACQUEMIN, papetière, qui y est née en 1872. Ses deux enfants naissent à Saulcy sur Meurthe (88), Marcel en 1900 et Armand en 1904. Au recensement de 1901 à Saulcy, il déclare la profession d'ourdisseur chez Clétienne Frères. Sa fiche matricule mentionne un séjour à Rambervillers en 1905, dont le recensement de 1906 nous indique qu'il est chef de musique ; ainsi que son arrivée à Berck sur Mer le 19 août 1911, il y réside dans le Chalet Marie Joseph, rue de l’asile Maritime. C’est dans cet hôpital que son épouse meurt de la tuberculose, le 14 août 1914, Jean Baptiste est mobilisé depuis quelques jours dans le 11e régiment d’artillerie à pied à Grenoble. Après un séjour au 84e d’artillerie, le 24 février 1917 il est détaché, par le commandant du dépôt des métallurgistes, comme ouvrier militaire à la Maison Teste, cité Lemière, à Paris. Ensuite il est muté au 1er régiment de zouave le 1er juillet 1917, ce qui pourrait correspondre à une sanction disciplinaire, car son passage chez les zouaves n’est pas pris en compte dans ses années de campagne contre l’Allemagne. Démobilisé le 13 janvier 1919, il se retire à Berck, rue de Tours, et y épouse Eugénie BAZIN la même année. Dans cette commune il est mentionné comme luthier au recensement de 1921. Il y décède, le 27 novembre 1939, rue Rothschild.
Sa tombe existe toujours au cimetière communal, il inhumé avec son beau-frère Julien Lefebvre (1873-1934).


à droite, le caveau Lefebvre/Barbe au cimetière de Berck




le catalogue de 1931
collection personnelle


La Manufacture Générale d’Instruments de musique a été fondée en 1900, indique ce catalogue, mais cette date ne correspond pas à la chronologie de son “fondateur” qui à cette époque était ourdisseur, puis chef de musique, dans les Vosges. Le registre du Commerce nous donne une autre date.





Aux Archives Départementales du Pas de Calais sont conservés les Registres du Commerce de Montreuil sur Mer, ville dont dépendait Berck. Sur la Déclaration aux fins d'immatriculation, on apprend que le commerce de Jean Baptiste, a été créé le 1er juillet 1912, il est immatriculé sous le n° 882, en date du 26 novembre 1920. Le RC a été créé en 1919, mais réellement appliqué à partir de 1920. Pour prouver son inscription il a fournit sa carte d'électeur, son livret de famille ainsi que sa feuille d'impôt et de patente. Il précise que c'est un commerce de vente et d'achats d'instruments de musique, situé rue de Tours à Berck. Une adjonction sur le registre même, non datée, précise : Fabrication ou vente des supports de saxophone dénommés "Saxo Jazz" et autres accessoires pour instruments de musique tels que ressorts, vis, pistons etc. avenue du Docteur Quettier.
La Déclaration aux fins de d'inscription modificative nous apprend la cessation de tout commerce à partir du 1er février 1932 et la radiation du registre du commerce, M. Barbe a fait l'objet d'un apport à la société Barbe et Fils à Berck Plage, rue des Pâtures.

J'ai pu consulter le contrat de création de la société Barbe et Fils, en date du 9 février 1932, avec effet au 1er janvier de la même année. L'article n°6 nous donne le détail de l'apport en matériel du père :
Le fonds de commerce de fabrication, ventes et réparation d'instruments de musique exploité à Berck, rue des Pâtures :
- un gros tour parallèlle [sic]
- une décolteuse [sic]
- un petit tour
- une perceuse
- un touret à polir
- une polisseuse
- une scie circulaire
- une meule double
- une petite meule d'affûtage
- 8 étaux
- 3 moteurs
- 3 petits moteurs
- une petite polisseuse
- une petite scie circulaire
- 10 m. de transmission
- 14 poulies en bois
- 100 m. de courroie
- 3 soufflets à pied
- une meule à eau
- 50 pinces genre américain
- 1 forge
- 2 établis simples
- 2 établis doubles
- 40 outils divers
- 200 limes diverses

Salle de nickelage :
- une dynamo
- un bain de nickelage
- un bain de dégraissage
- un bain de dénickelage
- 5 cuves de rinçage
- 2 chauffe-bain
- 3 tableaux de réglage

Bureau :
- un bureau plat avec tiroirs
- deux tables
- une machine Underwood n° 5
- des casiers

Marchandises :
- 10 cornets à piston
- 6 trompettes d'harmonie
- 8 bugles
- 3 altos
- 4 tambours
- 3 basses
- 2 trompettes
- 38 clairons
- 2 trompes de chasse
- 7 caisses
- des cymbales
- 96 pupitres
- accessoires et écouvillons
- accessoires de caisses
- 146 embouchures
- potences, boutures lentilles, boucles, broches, viroles
- 10 clarinettes
- 49 instruments divers
- 41 autres
- des pavillons
- des SaxosJaz [sic]
- des anches, des becs et ligatures, ressorts, diapasons, cordes, 10.750 tampons, des castagnettes, des sourdines
- 95 peaux de tambours et grosse-caisse
- des ressorts, des tubes, du laiton, des accessoires
- 32 sacs et étuis
- 5 phonos
le tout pour un total de 100.000 francs, y compris les éléments incorporels estimés à 1.000 francs.
Source : actes constitutifs de sociétés cote 6U-2/525 (année 1932)



les signatures du contrat
© Archives Départementales du Pas-de-Calais

Comme me le précise un lecteur (merci Jean-Jacques B.) ce matériel ne peut pas avoir été utilisé pour de la fabrication d'instruments, mais pour celle des supports de saxophone Saxo Jazz et des accessoires spécialisés, comme les boutons, la visserie, les ressorts et sans doute aussi des pistons, peut-être aussi pour l'embouchure Etoile du Nord

extrait du catalogue 1935
collection Jacques Cools†


Les photos, censées représenter les ateliers avant 1931, sont aussi incompatibles avec cet inventaire de 1932 qui ne décrit que 6 postes de travail, loin donc de la bonne trentaine d'ouvriers présents sur ces photos. En conclusion, il y a de forte probabilités que l'on ait pas fabriqué d'instruments à vent à Berck, sauf peut-être, d'après JJB, des clairons ou des trompettes de cavalerie comme le suggère la présence des pavillons. 

Le catalogue indique qu’il travaille avec ses fils. Le recensement de 1926 les mentionne tous les deux comme employés chez leur père. Marcel, l’aîné, est le directeur technique, à son décès à Berck en 1949, il est cafetier 20 rue Gabriel Péri. Armand est directeur commercial, il est mentionné comme tourneur à son mariage en 1928. En 1943 la famille se réfugie en Normandie, à La Couture-Boussey chez un ami. Après le décès d'Armand, à Paris en 1947, son épouse, Marie Joannès, confie la gérance à une personne qui conduira l'entreprise, devenue Barbe et Cie, à la faillite en 1953. Marie Joannès, décède à New York en 1996, dans le quartier de Manhattan auprès de sa fille Nicole qui a émigré au Etats-Unis à la fin des années 1960.

Les recensements de 1926 et 1931 nous ont livré quelques noms d'employés.
En 1926 un seul employé est mentionné : Paulin MAURICE, né à Rambervillers (Vosges) en 1887, déclare la profession de luthier lors de la naissance d'un enfant à Berck en 1914, peut-être est-il déjà employé chez Jean Baptiste Barbe, on ne le retrouve plus à Berck en 1931, il décède à Marquette les Lille en 1961.
En 1931 trois employés sont mentionnés : François MULLER, né à Paris, il a 25 ans, André DE BONNIERE, né à Berck, il a 20 ans, et un jeune apprenti de 14 ans, René PIERREPONT, né à Berck.





photos extraites du catalogue, qui ne semblent pas avoir étée prises dans l'atelier à Berck
collection personnelle


Les collaborateurs :

Le directeur artistique est Adrien PELISSIER, ex-soliste de la musique de la Garde Républicaine et ses collaborateurs artistiques sont : 
- Gabriel DUSEIGNE, hors concours de l’école nationale de musique de Saint Omer, 1er prix du Conservatoire de Strasbourg, prix Luzan-Wolf et vice président, directeur de l’Harmonie du Touquet-Paris-Plage
- L. PERU, lauréat du Conservatoire de Paris en 1930
- Victor NYS, soliste de la musique de la Garde Républicaine, ex-professeur du Conservatoire de Roubaix
- Victor DUHAMEL, 1er prix du Conservatoire de Roubaix, soliste des Concerts classiques
- Gaston VASSOUT, 1er prix du Conservatoire, soliste des Concerts Parisiens.

Christian Declerck



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Le Club Musical Berckois,
les débuts sous la direction de J.-B. Barbe

En 1913, l'Harmonie municipale de Berck cesse son activité. En septembre 1922 est fondé le Club Musical Berckois, qui donne son premier concert le 24 septembre, le chef de musique est Jean-Baptiste Barbe. Le 29 octobre, le Journal de Berck publie un article annonçant les but et composition de la Société, dont la devise est, Acta non verba. Le président, M. Gayet, lance un appel aux habitants de Berck qui possèdent des instruments inutilisés, il leur demande de les prêter à la Société pour les élèves qui n'ont pas les moyens d'en acheter.
Le 31 décembre, le Journal de Berck publie un compte-rendu élogieux d'un concert :  Le concert offert samedi dernier par le Club Musical Berckois à ses membres bienfaiteurs, donateurs et honoraires fut plus qu'un succès, ce fut un triomphe. Au premier coup de la baguette du chef, nous entendons un allegro militaire entraînant et nuancé en un fragment de Boccace, l'opéra de F. de Suppé; qui nous donne un avant-goût de ce que nous allons entendre dans Côte d'Azur, ouverture de concours. Ce morceau, d'une interprétation assez difficile, fut magistralement enlevé avec une sureté d'attaque, une observation des nuances et un ensemble qui sont tout à l'honneur des artistes musiciens dont est composée cette phalange. Et nous retrouverons, à chaque morceau exécuté par le Club la même maîtrise d'exécution avec de jolies variantes dans le sentiment des divers auteurs.
C'est une "Soirée près du lac", fantaisie mazurka de P. Leroux, si sentimentales, si expressive et si bien interprétée par le soliste M. Woussen, sous-chef, que nous retrouverons d'autre part. C'est le "Tour du Monde", grande valse de O. Métra, le célèbre auteur, hérissée de difficultés d'ensemble et de doigté et que les artistes du Club enlèveront comme en se jouant. Une polka à coups de langue pour deux pistons, que les solistes Patin et Pauchet jouèrent à la perfection, ravit l'auditoire. Et le concert finit sur un chant patriotique "Les Poilus Victorieux", marche triomphale chantée par les nombreux élèves du Club, accompagnés des musiciens ; le morceau d'un effet grandiose, laissa le public sous la meilleure impression.
Mais je viens vite aux acteurs de la partie vocale, chanteurs et solistes. Tout d'abord, Henriot, jeune débutant sur la scène, qui nous fit bien rire dans ses chansonnettes comiques et que je réentendrai avec plaisir. Mme Maurion, qui interpréta des œuvres desn grands maître avec un rare talent ; Arthur Deseur, un autre soliste du Club, dont la voix agréable et juste nous charma "Sans Lune Jolie", "Berceuse" et "Verdun on ne passe pas". Lui aussi est un débutant sur la scène. Et nous voici avec Bercko le monologuiste qui amuse beaucoup son auditoire avec son "Voyage à Berck", "Le Duel d'une souris et d'un éléphant", et l'autres bons mots ; il est d'une verve intarissable. Puis c'est Mme Sergent, cantatrice bien agréable, belle voix au timbre argentin, et si gracieuse en scène.
Le charme n'est pas rompu que M. Woussen, sous-chef, nous tient déjà en suspens avec son "Air Varié pour saxophone alto", de Wettge, et pendant dix minutes nous émerveille par la facilité avec laquelle il se joue de toutes les difficultés de l'œuvre et par le sentiment qu'il met dans l'exécution.
Et Charlet clôture la série en nous représentant un paysan picard très nature dans une chanson en patois qu'il dit très bien. Je m'en voudrais d'oublier Mme Bleusez, la charmante et éminente artiste qui tient le piano d'accompagnement, (rôle parfois si ingrat) avec une grande maîtrise.
Des bouquets furent offerts par les petites filles de MM. Gayet, Lambrecq et Patin à Mmes Maurion, Sergent et Bleusez, et cel fut du plus gracieux effet. Après la polka pour pistons, M. Gayet, président, prononça l'allocution suivante et fut vigoureusement applaudi.




Le Club Musical Berckois en déplacement à Calais, date ?
© Archives municipales de Berck sur Mer


Le Club Musical Berckois en 1935, directeur fondateur J. B. Barbe en 1922
© Archives municipales de Berck sur Mer





D’autres infos sur les instruments J.-B. Barbe iciici et ici
Des photos d'atelier similaires ou très ressemblantes, signalées par un lecteur ici et ici

Sources : état civil, registre matricule, recensements, le témoignage de Nicole Barbe.
Mes plus vifs remerciements aux archives municipales de Berck et particulièrement à Mme Le Louarn, qui a fait une grande partie des recherches généalogiques.
William Waterhouse, dans son New Langwill Index, paru en 1993, mentionne deux autres catalogues parus en 1929 et 1934 (cité par Jacques Cools dans la première partie de son Essai de classification alphabétique des facteurs, ouvriers, inventeurs, essayeurs, marchands… français, d'instruments de musique à vent, paru en 2000, n° spécial XI de la revue Larigot)


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Un lecteur anonyme m'a envoyé cette série de photos, qu'il en soit vivement remercié.







mercredi 5 juillet 2017

Roll & Swing au MUPOP

La naissance de la batterie en France


Exposition temporaire au MUPOP de Montluçon du 1er juillet au 31 décembre 2017
Quelques illustrations du Nord et du Pas de Calais, provenant de ma collection, prêtées pour l'occasion.

"Une batterie Jazz Idéal de Charles Blomme conçue à Roubaix peu après la Première Guerre Mondiale. Vertical et électrifié, mesurant près de 2 mètres, ce Jazz-band est exposé pour la première fois (prêt du Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix)."

Toutes les infos ICI
















- Joseph Agostini et ses fils Dante et Louis, à Dechy
- J. Gonsard et son élève H. Allard, à Denain
- Louis Blin à Lens
- Emile Debail à Lewarde
- Henri Debail et son fils, à Masny
- Joseph Huyghe à Calonne-Ricouart
- Orchestre A. Leduc à Roubaix
- Bruno Nicoli à Douai
- Marceau Roget à Hénin-Liétard
- Trio Jazz de Tourcoing
- The Wossen Jazz à Arras