samedi 14 janvier 2017

Il y a 40 ans… ou presque




C'était il y a 40 ans, ou presque, le mouvement n'avait pas dix ans et les groupes folk proliféraient dans la région. Un annuaire 59/62 de janvier 1981 en recense une quarantaine. Dans ce montage on voit les groupes : Drie Vlaemsche Geuzen, De Kreupelaer, Yves Havet et Klauwaerts, Haeghdoorn, La Bistouille, Brinqueballe, Mabidon et les danseuses et danseurs qui les suivaient avec assiduité. La musique est jouée par le groupe Vents Contraires lors d'un de ses derniers bals en 2000.


à la Ferme Nord de Zuydcoote
Drie Vlaemsche Geuzen :
Bertrand Buirette, violon
Didier Buirette, cornemuse, flûte
Guy Vandeneeckhoutte, accordéon diatonique
?, violon

Animation et bal folk à Bergues
La Bistouille (2 musiciens de De Kreupelaer et les musiciens de Drie Vlaemsche)
et Katepouch

La fête du château d'Esnes le 1er mai 1976
Brinqueballe :
Bernard, dit Ben Kaczmarek, accordéon diatonique
Patricia Kaczmarek, vielle à roue
Edith Monsu, épinette
Patrick Plouchart, violon, cornemuse


Fête du château d'Esquelbecq 11 juillet 1979
Haeghedoorn
Marieke en Bart
Sprinkhanders

Bailleul ?
Yves Havet †
et Klauwaerts :
Jean-Jacques Révillion, violon
Gérald Ryckeboer, guitare

En région lilloise puis à la Maison de Danse de la Maison de Quartier de Fives
Mabidon

et les danseurs : Marie Aude Pradeau, Michèle Coupez, Monique Piolat, Frédérique Wascheul, Odile Hoestlandt, Christian Gheeraert †, Isabelle Alexis, Francine Hochedé, Joël Parasote,… etc. (merci de me signaler ceux dont j'ai oublié le nom).

musique par le groupe Vents Contraires, dernière formule
à Gondecourt en mars 2000
Christian Declerck, violon, alto
Patrice Gilbert, vielle à roue
Gérald Ryckeboer, cornemuse, guitare et cistre
Elise Wuillemin, harpe celtique

le bal complet est ici





Compléments :

"C’est à partir de 1977 que la Communauté Urbaine de Dunkerque, devenue locataire des lieux, y a financé un vaste programme d’investissements et d’animations destiné à faire de la Ferme Nord un équipement de loisirs ouvert à tous, au cœur des dunes qui commençaient alors à être protégées. De 1977 à fin 1985, date de la fermeture liée à des problèmes d’équilibre financier de l’association de gestion, la Ferme Nord a accueilli des milliers de personnes pour des spectacles, des classes de découverte, des activités de loisirs, des chantiers internationaux de volontaires ou des séjours à vocation sociale.
Pendant toutes ces années, elle aura constitué un espace de liberté et de créativité, qui n’a pas trouvé depuis son équivalent dans toute l’agglomération.
A l'origine créée et gérée par José Jacquemart, puis c'est Pascale Debrock (de 1980 à 1983) et Anne Pascale Jacquemart qui ont  été responsables de la programmation culturelle"

La Maison de Danse
C’est Mabidon qui est à l’origine du projet, au retour d’un stage auquel nous avions participé durant l’été 1976 (ou 77 ?), en Belgique, organisé par Claude Flagel. Christophe Declercq, un des violoneux de Mabidon avait participé à une « tournée » en Hongrie avec des musiciens et danseurs Wallons, autour des Flagel, pour représenter la Wallonie dans des festivals de musique traditionnelle. Il y avait entendu parler des « maisons de danse », lieux de pratique de musique et danses traditionnelles hongroises. On s’est dit « on va faire ça chez nous ». On était un petit nombre à s’intéresser à la musique traditionnelle, on connaissait des musiciens dans le Pas de Calais (le groupe Marie Grauette, Bernard Boulanger), à Dunkerque (Christian Declerck et sa bande), à Bailleul (Haeghedoorn), etc., mais les occasions de se rencontrer étaient rares et chacun jouait dans son coin. Passionnés par la musique et la danse traditionnelles, nous voulions qu’elles s’intégrent davantage dans notre quotidien.
L’idée était de favoriser les échanges, de diffuser les collectes ou découvertes des uns et des autres, et aussi de vivifier et de transmettre, notamment dans le domaine de la danse. Le phénomène bal folk en était à ses balbutiements et nous sentions bien que l’apprentissage des pas était une nécessité, y compris pour les musiciens.
Fin 1978 débutait la première édition de la maison de danse à la maison de quartier de Fives à Lille (59). Le matin, ateliers instruments et danse, le midi, repas pris en commun sur le modèle de l’auberge espagnole, et l’après midi, bal avec les musiciens présents. On était plutôt dans l’autogestion : pas de formateurs attitrés, pas de programmation de groupe, le principe était le libre échange, et la libre participation. Très vite, la plupart des musiciens et groupes locaux se sont appropriés la démarche, et la maison de danse est devenue une affaire collective dans laquelle se sont impliqués de nombreux bénévoles (car dans cette histoire, nous l’étions tous). Dans ce cadre ont également été organisés des stages, des concerts, et le fameux concours d’airs à danser nouveaux qui avait lieu à l’occasion des fêtes de fin d’année. Le critère absolu était l’adéquation à la danse et le jury dansait d’ailleurs durant le concours. Tout le monde avait un prix (chacun ramenait les horreurs dont il voulait se débarrasser) et le premier prix était un short vert remis en jeu chaque année.
L’aventure a duré dix ans, et on peut dire que la maison de danse a été un élément fortement structurant du mouvement autour des musiques et danses traditionnelles dans le Nord de la France.
Jean-Jacques Révillion